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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 21:30

Le député du Tarn Bernard CARAYON termine l'année dans la triste défroque du parangon de la pensée unique et de la parole confisquée.

Tout commence par quelques tombes musulmanes profanées avec des couennes de porc. L'enquête établit sans mal l'implication d'un ancien parachutiste et vrai alcoolo dont son avocate dira qu'il voulait "provoquer plus que profaner", bref une petite affaire correctionnelle qui se soldera assurément par une peine de prison avec sursis (délibéré au 4 janvier 2012), sauf que le procureur de la république Philippe MAO rappelle dans ses réquisitions que " ce que nous avons à juger est le résultat d’un vent mauvais qui souffle sur notre pays depuis plusieurs années et dont je crois pouvoir dire que les plus hautes autorités de l’Etat n’y sont pas étrangères et contribuent à l’alimenter, même si elles ne sont pas les seules".

Immédiatement voila notre député enfourchant son blanc destrier et clamant dans les tribunes "ces propos, qui établissent un lien entre cet acte inqualifiable et la politique engagée par le chef de l'Etat, sont indignes d'un magistrat, profondément antirépublicains et appellent une réponse judiciaire ou administrative appropriée». De fait le Conseil Supérieur de la Magistrature aurait été saisi par l'élu qui entend sans doute rappeler au magistrat que dans notre beau pays on ne peut plus appeler un chat un chat et encore moins Sarko un fripon ? Allons donc Monsieur le Député nous le savons déjà et l'immense kyrielle de condamnés pour avoir eu la langue trop longue, trop crue, trop blanche, trop acidulée, trop amère ou trop grossière est la pour le rappeler chaque jour.

Sauf qu'ici l'affaire prend une tournure toute autre parce qu'elle concerne un magistrat et pas de n'importe lequel d'entre eux puisqu'il s'agit d'un magistrat du Parquet.

Dès lors on ne peut s'empêcher de penser que cette sainte colère fait suite aux atteintes aussi nombreuses qu'intolérables de nos gouvernants d'aujourd'hui contre le pouvoir judiciaire (il est indépendant du pouvoir politique si si !!) sans cesse critiqué et suspecté, et contrôlé.

Rappelons que le ministère public tient une place à part dans l'architecture de la justice puisqu'il n'est rien d'autre que le bras armé de l'Etat (il n'est d'ailleurs pas considéré comme une autorité judiciaire indépendante au sens de l’article 5 de la Convention de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales depuis l'arrêt MOULIN rendu en 2010 par la Cour européenne des droits de l’homme, et dont la France se tamponne comme de sa premiere violation des droits de l'homme puisque la réforme de la garde a vue d'avril 2012 n'en a  absolument pas tiré les conséquences ... mais c'est une autre histoire!).

A ce titre chaque Magistrat du Parquet est donc - et c'est bien normal - dépendant du premier d'entre eux : le garde des sceaux.

Pour autant, il faut ici dire et redire (et apprendre peut être à Monsieur CARAYON ?) que le parquet n'est tout de même pas une marionnette dans les mains de l'état et qu'en vertu d'un principe coutumier très ancien "La plume est serve mais la parole est libre" ce qui veut dire que l'obéissance se limite seulement aux réquisitions écrits de sorte que les magistrats du parquet peuvent faire des observations orales librement pendant le procès, très exactement ce qu'a fait le procureur MAO sans qu'il ne puisse encourir aucune critique autre que celle d'avoir monté en épingle une affaire qui n'en méritait pas tant !

Alors à l'aube de cette année 2012 que pouvons nous nous souhaiter, sinon un simoun venu d'on ne sait où, qui, de son souffle irrépressible, balaierait tous les corsets moraux que les ligues, partis, sectes et lobbys de tout poil tentent de nous mettre dans la tête !

Souhaitons encore au procureur MAO de pouvoir sereinement poursuivre ses activités  et surtout oui surtout, de continuer à requérir et se laisser dépasser par sa verve car pour faire ici étalage du secret des bonnes plaidoiries : plus le procureur nous chauffe meilleur on est !

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Publié par la liberté ne s'use que si l'on ne s'en sert pas