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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 17:32

Le Code Pénal est un catalogue exhaustif et limitatif de tout ce qu’il ne faut pas faire pour éviter d’encourir les foudres de la Loi. Dès lors, tout ce qui n’est pas expressément interdit dans ce célèbre petit livre rouge (à présent parfois revêtu de bleu…) est autorisé.

La liberté est la règle, l’interdit une exception prévue à l’avance et c’est pour cela qu’il est dit que nul n’est censé ignorer la Loi.

En écoutant Monsieur K., je pense qu’il manque vraiment certaines lignes dans ce catalogue.

Monsieur K. est un homme banal, tombé amoureux d’une femme banale. Ils ont lié leur destin pour un temps qui fut finalement très bref, mais dans ce laps de temps est né un petit Jules, 15 mois au compteur au moment où Monsieur K. m’explique ce que j’ai trop souvent entendu : ils se sont séparés, et Madame est repartie vivre « dans sa famille », avec le bébé bien entendu, et comme toujours dans ces cas-là, ladite famille vit le plus loin possible du père, ici à 10 000 kilomètres de chez lui, deux continents, deux océans et un hémisphère à franchir, une pure violence. Mais avis aux amatrices, ça marche aussi entre Quimper et Nice, Roubaix et Perpignan, Metz et Bordeaux, etc …

Bref, du jour au lendemain il ne voit plus l’enfant, ne lui parle plus, ne le connait plus et il sait que très vite on s’empressera de donner au petit Jules un Tonton, un Papou, un Petit père, bref le prochain mec de la fille qui devra assumer ce rôle s’il veut entrer dans son lit.

L’intérêt d’un enfant qui est la valeur qui commande la réflexion de tout juge aux affaires familiales est bien entendu au départ que ses parents soient ensemble mais une telle situation est en train de devenir un véritable cas d’école dans une société qui a érigé le CDD comme mode de vie.

Dès lors, l’intérêt de l’enfant va être d’avoir des parents séparés qui s’entendent –c’est ce que la Loi appelle la coparentalité- et qui organisent leur vie dans le but que cette situation de séparation impacte le moins possible le quotidien de l’enfant et son intérêt à avoir des relations aussi identiques que possible avec ses père et mère.

Partant de là, depuis quelques années, nombre de décisions ne justice n’hésitent plus à transférer la résidence habituelle d’un enfant, fut-il très jeune, à son père, face à la violence du comportement de la mère qui s’empresse, dès la séparation consommée, de déménager avec armes bagages et enfant le plus loin possible.

Le principal motif affiché est souvent le même : « revenir dans sa famille » … Sauf que, Mademoiselle, grande, majeure, émancipée et sachant faire des bébés, votre famille c’est plus papa maman, mais cette chose que vous avez constitué avec l’homme qui vous a rendu mère et qui, à vie, ne vous en déplaise, sera et restera le père.

Il y a aussi la raison professionnelle. Imaginez-vous que brusquement, il est devenu totalement impossible de trouver un emploi de caissière à Toulouse, on ne sait pas ce qui se passe, tous les hyper ont fermé, la concurrence des espagnols, bref le seul endroit où il est encore possible de se faire embaucher, c’est à Strasbourg, avouons que ça tombe mal !

Le seul et unique objectif de ces mères perverties est bien d’effacer, supprimer, bref tuer ce père devenu encombrant.

Ni plus ni moins.

Et Monsieur K. dans mon bureau, joli breton aux mains tremblantes qui avait eu un coup de foudre pour la jolie métisse exilée à Brest, m’explique que son ex est partie à l’Ile de la Réunion, « retrouver sa famille » bien sûr, famille qu’elle avait pourtant abandonné avec plaisir pour aller se trouver un marin breton, et avec le gamin de quinze mois dans les bagages.

Bien sûr, j’ai demandé le transfert de résidence chez le père, mais comment l’obtenir s’agissant d’un si jeune nourrisson ?

Le petit Jules, il a besoin de son père mais il ne le sait pas vraiment encore. Pour l’heure c’est de sa maman dont il a besoin au premier chef.

Alors on va attendre quelques années, lorsque le nourrisson devenu bébé aura construit ses premières images dans un gynécée, ou pire, avec une image paternelle de remplacement, et là, le géniteur devra ramer dur pour donner envie à l’enfant de le connaitre, sachant l’on n’est père que dans le regard de la mère…

Je ne dis pas tout cela à Monsieur K. bien sûr.

La jolie métisse a le droit de redevenir intelligente…

Mes yeux se distraient un instant de mon client en train de perdre son fils lentement et presque inéluctablement, et glissent sur la couverture du Code Pénal qui incrimine encore tellement de comportements jugés normaux par la majorité de la population, et au premier chef la consommation de stupéfiants, qui fait du fric pour l’état en sanctionnant pécuniairement une carte grise pas à jour, ou une autorisation de travaux mal remplie.

Allez Monsieur le Garde des Sceaux, si vous avez le temps, pensez à toutes ces familles défigurées, à tous ces enfants privés de leur père, et complétez donc les dispositions de l’article Article 227-6 du Code Pénal qui punit déjà de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende le fait pour un parent qui transfère son domicile en un autre lieu, alors que ses enfants résident habituellement chez lui, de ne pas notifier son changement de domicile à l’autre parent.

Si un tel oubli vaut six mois, comment ne pas avoir envie de coller un an au parent qui transfère son domicile à plus de deux cents kilomètres du lieu de résidence de la famille avant la séparation dans le seul but d’entraver l’exercice des droits de l’autre parent ?

Monsieur K. me demande : je vais le voir quand finalement mon petit Jules ?

 

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